Après avoir déterré puis lavé

nos légumes (comme expliqué dans cet article)
- nous trions pour éliminer ceux qui seraient abîmés,
- éventuellement nous calibrons grossièrement,
- puis nous conditionnons dans nos cagettes plastique pour ensuite préparer les paniers. Ou bien en filets ou en caisses bois pour les cantines et magasins.
En sortie de laveuse
nos légumes descendent dans la trémie alimentant un tapis élévateur indépendant

qui les amène tranquillement

jusqu’à la
table de visite.
Cet outil, qui dispose d’un éclairage bien confortable,
est un « tapis », avançant lentement, qui est constitué de rouleaux gris tournant sur eux mêmes. La combinaison de ces deux mouvements permet de voir passer chaque légume « sous toutes ses faces ».
pendant qu’ils défilent sous nos yeux.
On sort manuellement les légumes présentant trop de défauts pour être commercialisés, et nous les « jetons » dans une cagette installée à bonne hauteur, sur une pile de vides.

Puisque c’est dans les assiettes des Biaux Jardiniers que ces légumes « de rebut » finiront leur vie, nous appelons çà « les cordonniers » : c’est bien connu « les cordonniers sont les plus mal chaussés !!! » Et quand il y a beaucoup de déchets, les porcs de Blandine s’en régalent, ou bien les micro-organismes de la terre de nos parcelles de jardin…
Mais malgré toutes ces belles possibilités de recyclage tout à fait écologique, nous préférons avoir de jolies récoltes…
On peut aussi calibrer à l’œil pour répondre à différents besoins, voire faciliter la composition des paniers.

À la table de tri, les Biaux Jardiniers ont ajouté un accessoire, déplaçable sans peine facilement et très pratique : une palette du genre bien solide et à platelage serré

qui sert d’estrade pour être à bonne hauteur dans le travail.
Le tapis de la table de tri conduit les légumes choisis vers l’étape suivante : le conditionnement dans des emballages et avec la pesée adaptés au client, réalisés avec l’aide très efficace d’une
peseuse pondérale.
Lors de ses premières années d’installation sur la ferme, et déjà soucieux d’optimiser temps et confort de travail, Matthieu, qui avait repris une ferme qui ne lavait pas mais simplement brossait à sec ses légumes, avait commencé à modifier ce secteur de travail avec une vieille peseuse achetée d’occasion.

Cette vieille machine, de bien bas prix et à tapis assez usé, a grandement facilité la vie des Biaux Jardiniers pendant plusieurs années, avant d’être revendue à vil prix pour (enfin !) finir sa longue vie de labeur sur la ferme d’un copain qui souhaitait améliorer immédiatement son organisation avant un achat plus conséquent mais prévu pour quelques années plus tard.
Digression économique : parce que oui, les Biaux Jardiniers de Grannod – comme plusieurs de leurs collègues – font ce métier – exigeant – non seulement par passion, mais aussi pour gagner – correctement – leur vie. Et… comme il n’y a pas besoin de beaucoup de tonnes de légumes racines pour constituer une petite somme en n’économisant que quelques centimes de peine par kilo vendu, une saison de travail de peseuse peut suffire à amortir ce modeste niveau de dépense. Alors quand il s’agit de plusieurs saisons, et de plus doublées chez successivement deux jeunes maraîchers dynamiques, c’était vraiment une très bonne idée d’avoir risqué le déplacement pour ce bien modique achat !
La peseuse pondérale amène
- énormément de confort physique en limitant les manutentions manuelles,
- autant de confort mental en automatisant les pesées,
- et beaucoup de gains de temps.
Hormis l’empilage des légumes ainsi conditionnés sur palette ou planchons selon le débouché prévu, « elle fait tout le boulot » : elle remplit son bac peseur, elle s’arrête calmement quand le poids programmé est atteint, elle s’ouvre et verse en filet ou en caisse. Et son montage d’office sur roulettes la rend adaptable à plusieurs modes d’organisation.
La trémie,
qui sert donc de « tampon » entre le tri des légumes et leur rangement en emballage est relativement petite, mais amène quand même bien du confort.

Le tapis élévateur
remonte les légumes

pour les verser dans le bac peseur.

Le pesage
Les choix de travail de tout ce qui concerne la partie pesage et son alimentation sont programmés sur le panneau de commande, adapté au milieu humide et/ou terreux de nos fermes…

La machine une fois pré-réglée, quand la quantité de légumes dans le bac peseur approche du poids choisi, le tapis d’alimentation ralentit pour ajuster les derniers apports, puis s’arrête. On commande du pied sur une pédale largement déplaçable l’ouverture de la trappe pour en remplir les emballages.
La porte de sortie qui alimente le bec verseur, rembourré,
est actionnée par un vérin
dont l’ouverture et la fermeture sont initiées par un système de déclencheurs.
Les emballages à remplir sont bien entendu posés sur – et portés par – une étagère-support métallique solide et réglable en hauteur par emboitement dans l’une ou l’autre des encoches disponibles sur le bâti de la machine : caisse bois de taille moyenne voire petite, cagette plastique profonde,

filet plus ou moins grand, etc… on peut s’adapter et se préserver le dos.

Dans son organisation actuelle, tout ce travail qui peut ainsi être réalisé en confort et avec exactitude par une seule personne, souvent Alice, qui apprécie grandement de travailler à l’abri des excès de chaleur.
L’organisation de notre ligne de lavage-conditionnement
avec
- la disponibilité de tous ces matériels (achetés neufs et d’occasion)
- leur installation « en rond » dans le bâtiment-chapelle (acheté d’occasion et remonté en auto-construction)
supprime de la pénibilité : l’essentiel de la manipulation manuelle autrement incontournable. Une fois les légumes dans le palox de récolte
- le lavage se fait « sans les mains »
- le tri est rapide et confortable
- une pesée exacte ne nécessite plus de reprise spécifique pour l’obtenir
- le transport des légumes d’un poste à l’autre se fait sans peine (et en partie à l’électricité solaire produite sur le toit du bâtiment de ferme).
C’est une grande amélioration
sur cette activité qui nécessite
- de nombreuses heures de travail chaque semaine
- rigueur de tri et garantie d’exactitude dans les pesées
- qui touche à un secteur déterminant de notre métier : la commercialisation
- qui est l’aboutissement de la qualité de la production.
C’est un investissement conséquent
justifié par un très fort enjeu économique, et de durabilité de la ferme… et aussi de ses travailleurs.
* * * * *







