En ce début d’automne post (?) sècheresse, [1]et canicule notre ferme et ses Biaux Jardinier-e-s s’en sortent malgré tout plutôt avec les honneurs.
Les légumes de début d’automne
sont assez en forme pour qu’on en espère de bonnes récoltes. Dans le carré de
cèleri-branche,
soulever puis arracher le film blanc et le regrouper pour la collecte, se fait au fur et à mesure des récoltes, ce qui facilite bien l’échelonnement des reprises de planches pour les mettre « en forme » pour passer l’hiver.

Et du côté du
chou-fleur
les quelques tout premiers, plutôt jolis d’autant plus au vu de l’enfance difficile qu’ils ont subie cet été, ont été coupés, mais çà n’est que le tout début du début.

Les carrés de salade,
on les maintient tous sous la protection de trois rangées de cloture électrifiée pour tenter d’éviter les dégâts des chevreuils, dans le carré des chicorées, que ces charmantes bestioles apprécient particulièrement semble-t-il.

Mais on prend en charge aussi l’achat, la pose et l’entretien de tout cet attirail aussi autour des carrés de laitue et batavia, puisque selon leur inspiration du moment, ils apprécient aussi de s’en nourrir…

Ce genre d’aléas, dont nous sommes assez peu dédommagés, est d’autant plus agaçant en année dite « compliquée », puisque c’est ainsi qu’il faut causer pour rester polis au XXIème siècle.
La verdure sous tunnel
se développe bien, que ce soient les côtes de bette (classique, bette pied, bette hivernante race Bressane)

ou le fenouil. Par contre pour la courgette, c’est comme qui dirait un peu le début de la fin : elle est « comme d’hab » envahie d’oïdium depuis les premières brumes sur la Seille.

Aussi sous tunnel, les planches de radis fournissent régulièrement de la fraîcheur à croquer.

Du côté des « grosses » récoltes
toute l’équipe y travaille régulièrement, et par sessions d’une longueur « raisonnable ». Maintenant, le plus gros des courges est récolté et stocké dans les locaux adaptés – chauffables et ventilables – de notre bâtiment bioclimatique : des potimarons verts étaient à l’ordre du jour de cette semaine.

Et en légumes racine, tout le monde s’est mobilisé pour les différentes variétés de navet d’hiver, et pour le céleri-rave, après les planches de précoce pour la rentrée scolaire, la suite est en cours.

Reprises de planches après récoltes
Un des avantages du travail en planche permanente (des détails illustrés par ICI) est, contrairement au labour, de permettre de travailler chaque planche indépendamment de ses voisines. Donc on peut travailler les planches au fur et à mesure que les légumes en sont récoltés, sans attendre. En plein champ comme sous tunnel.
Matthieu a donc, comme on dit, « fait de la terre » avec pour commencer le plus souvent
la butteuse
qui permet d’enfouir – mais peu profondément – les résidus de la culture, et redonner du relief à la planche pour faciliter tant son réchauffement que son aération. (tout savoir sur la butteuse auto-construite, c’est ICI)

Ensuite un passage de fissuration du profil avec
le cultibutte
(détails illustrés par ICI), monté avec son rouleau de vibro double made in Biau Jardin de Grannod, permet en plus une bonne finition de surface.

Et les fleurs pour auxiliaires ??
En plein champ comme sous tunnel on peut commencer à tirer un autre premier bilan – provisoire et très partiel – des conséquences de ce funeste été très sec et très chaud sur notre ferme à taille humaine qui dispose
- d’un circuit d’arrosage depuis les années 1960 grâce au travail des « anciens »
- de bandes fleuries depuis les années 2000 grâce au travail d’une autre génération « d’anciens ».
Sur les bordures intérieures des tunnels, pas besoin de trop chercher pour admirer la floraison de marguerites

de Geranium robertianum.

Et le plantain, qui a le mérite de fournir un des premiers pollens en sortie d’hiver, est resplendissant.

En plein champ aussi, çà fleurit pas mal.

Résilience… ? Transition… ? Adaptation… ? Petit geste… ? etc… dirait tout technocrate communicant. Bof.
C’est chouette, et on s’accroche ! disent bêtement les Ploucs Biaux.
On s’accroche d’ailleurs tellement qu’on s’occupe (et même pas mal) de
la fertilité de notre ferme.
Engrais verts
Dans les planches « libérées » de leurs légumes depuis quelques semaines, les engrais verts – en mélange à base de seigle made in à la ferme – commencent à « ressembler à quelque chose ». Parce que Matthieu a pris le temps… de les semer. Fastoche ? Mouais… Pas tant que çà, en fait : les boulots urgents, chaque jour, ne manquent pas ! Et il faut donc choisir, et donc philosopher, puisque, chacun le sait bien, « la philosophie, c’est l’ardéchois »

C’est vrai que du temps, en plein saison – et d’autant plus en année très « compliquée » – il y a tendance à en manquer. Et si y on rajoute quelque ennui mécanique – inévitable d’autant plus si… on ne fait pas tout à la main – çà peut parfois tourner à l’aigre. Et on a des parcelles qui se salissent. De rumex, la plante des terres acides qui ne sont ni broutées ni broyées en cours de printemps et en cours d’été.
Mais on s’accroche.
Matthieu a rallongé quelques récentes journées où il restait un petit peu de place, et il a passé un temps certain à broyer.

Faire ce travail sur juin/juillet – période de « pleine bourre » – bien sûr que çà aurait été l’idéal. Bin voui. Mais l’agriculture idéale… les Biaux Jardiniers ne savent pas faire. Eux ne pratiquent que l’agriculture du possible. Et s’accrochent. Tellement qu’ils ont demandé à Fabien de venir épandre du fumier.

C’est drôlement bien réparti.

Maintenant,
ce qui serait top
quand même, c’est une gentille petite pluie.
Parce que hein !
Mais en attendant, particulièrement cette semaine – et en toute modestie 🙂 – nos abonnés ont de vraiment jolis paniers de neuf légumes.

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Au delà des bornes du jardin..
Pour une restauration hors foyer de qualité :
Vidéo : Histoire de notre alimentation depuis 1945 :
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