Évènement mécanique et humain cette semaine à la ferme :
le retour de la laveuse à poireaux !
Faut dire qu’on l’attendait depuis pas mal pas mal de temps. Pas mal. Parce que la préparation des poireaux à la main, vraiment, c’est la galère. D’autant que, depuis 6 ans que cette machine d’occasion, achetée à un prix symbolique, travaillait à la ferme, on s’était habitué-e-s à disposer de ce confort quasi bourgeois…
Mais bon… Qui dit machine, dit… pannes 🙁 (et pas uniquement gain de confort et de temps dans le travail 🙂 ). Et qui dit panne, dit coup de théâtre, et en plus au moment où ça tombe vraiment très mal. C’est vrai, on a tous remarqué que la bagnole, quand elle est en panne de démarreur, c’est juste au moment où tourne la clé parce qu’on veut se déplacer…
Donc il y a pas mal de temps, une des courroies d’entraînement avait cassé.
Matthieu avait démonté ce qu’il s’était senti en compétence de faire, et c’est l’irremplaçable Jean-Charles qui s’était déplacé avec ses caisses

son avoir faire et sa patience. Il a ensuite réussi à comprendre en détails comment l’outil avait été conçu et réalisé, puis, s’était lancé dans la découverte et avait démonté ce qui devait l’être

pour enlever la courroie d’entraînement fautive, tout en gardant à l’esprit qu’il faudrait quelques temps plus tard… savoir remonter sans trop « pinailler ».

Comme on a vite compris que c’était un genre d’aventure, le Biau Jardinier s’est dit (c’est là qu’on reconnaît la sagesse du du paysan qui a accumulé de l’expérience (comme le dit Monsieur Petit Robert : expérience = incidents + pannes + galères + emm…nuis) : « vue la galère que c’est, on va changer les 2, çà permettra de repousser à beaucoup plus tard une nouvelle expédition du genre… »
Et on a envoyé les courroies HS au constructeur.
Et en attendant, on a préparé les poireaux à la main. Donc on s’est fait remplacer par un collègue pour fournir les poireaux prévus au planing de BioàPro durant ce temps.
Et on a attendu les courroies neuves.
Et en attendant, on a préparé les poireaux à la main. Donc on s’est fait remplacer par un collègue pour fournir les poireaux prévus au planing de BioàPro durant ce temps.
Et on a attendu les courroies neuves.
Et en attendant, on a préparé les poireaux à la main. Donc on s’est fait remplacer par un collègue pour fournir les poireaux prévus au planing de BioàPro durant ce temps.
Et en a attendu, etc…
Et avec… le soleil et le ciel bleu, les premiers papillons citron, les premiers courlis en prairie de Seille, les premières floraisons dans les haies et petits bois, les premiers visiteurs dans nos nichoirs, etc… etc… les premières courroies neuves sont arrivées !!! Et oui !!!!!!!
Et Jean-Charles aussitôt après. Qui a travaillé à nouveau un peu partout sur la laveuse, d’un côté

comme de l’autre

pour remettre les deux courroies.

Et puis il a fallu régler tout çà : tension, guidage, parallélisme, etc… essayer… modifier… essayer… ajuster, une fois tout çà mené à bon port, Matthieu a organisé une réunion au sommet avec Jean-Charles, au confort du bureau, et autour d’une bonne bière Bio artisanale.
Bin voui, koa, y’a pas d’raison, hein !
Ensuite, Jean-Charles est allé dépanner un autre client chez lui, Matthieu est retourné vers sa laveuse pour y rebrancher tout le système d’aspersion

qui lave les poireaux en même temps que les brosses les « plument » et que les scies en coupent les racines et le bout des feuilles. Le lendemain, les Biaux Jardiniers ont fait une grosse commande de poireaux : pour se rattraper ! Et il y en aura d’autres : il faut « vider le carré » !
Un article de notre envoyé spécial sur le front de la préparation des poireaux avant leur mise en paniers ou expédition est disponible en cliquant sur la photo ci dessous.
« L’occasion c’est toujours en panne ! » ???
C’est effectivement « ce qui se dit » . À partir de points de vues de plus de 40 années de pratique, nous pensons différemment.
- Du matériel neuf, ça n’est pas « jamais en panne ».
- L’occasion permet de bénéficier d’un travail en confort et rapidité inaccessible en neuf (pour une ferme diversifiée à taille humaine), et produire mieux et tout de suite.
- Quand on veille à attendre, les nombreuses occasions permettent de faciliter en confort et rapidité de nombreux travaux inaccessibles en neuf (pour une ferme diversifiée à taille humaine) et produire mieux sur de nombreux sujets.
- Le bas investissement et la meilleure production financent un entretien.
- Une grande partie du matériel de nos fermes à taille humaine est simple de fabrication et entretien.
- Le « terrain » (et des boites de formation, comme l’Atelier Paysan) apporte des compétences (en partie finançables).
- Des artisans locaux à taille humaine ont compris qu’une politique de dépannage à la ferme les aidait à valoriser leurs compétences réelles et à vivre face à l’industrialisation, au serti, et au jetable.
Travaux et pousse au jardin
Pendant que le fumier composte (tout seul) et que les engrais verts fissurent et fertilisent la terre du jardin (tout seuls)

les Biaux Jardiniers continuent la mise en route de la saison. Reprise des planches permanentes buttées par un passage de fissuration et reprise de surface en un seul passage de cultibutte

monté avec double rouleau de vibro avec des résultats jolis, plus

ou moins, selon les situations (précédent cultural, état d’humidité lors du buttage, etc…).
Comme expliqué il y a un mois, nous ne pratiquons que l’agriculture du possible. [1] « tout le possible, rien que le possible » comme qui dirait. Un possible qui devrait bénéficier de ce que monsieur Sagesse Populaire nomme si justement « les hâles de mars« , cette alternance printanière de brèves pluies, de coups de soleil, passes de vent, moments chauds et moments froids, etc… etc… une alternance qui mène la vie dure aux mottes qui ensuite « se défont » facilement, le pendant du même phénomène qui, sur les terres préparées trop finement et trop de temps avant semis ou plantation, les font se compacter.
Hâles printanières dont on peut prendre le temps de bénéficier si on pratique un maraîchage EXtensif, « laissant le temps aux temps » de tranquilité de la terre entre deux travaux de préparation comme au travail non-humain des engrais verts. Car c’est aussi un des avantages du travail en planche permanente, technique dans laquelle nous nous étions lancés, avec conviction, progressivement depuis maintenant quasi 25 ans : on peut travailler les planches « à l’unité », donc laisser des engrais verts en place (ici 8 planches à gauche) « au milieu » d’un carré en cours de reprise (8 planches au premier plan). Donc bénéficier au maximum de son activité.

Ou bien, photo ci dessous, en ne déchaumant qu’à l’instant les 8 planches au premier plan, donc bien plus tard que sur les planches voisines, déjà « montées » par la butteuse et déjà fissurées au cultibutte (8 planches au second plan).

Chaulage
Pas trop en avance cette année, nous avons entamé le chaulage des différents carrés, qu’ils soient encore en engrais vert

ou en cours de préparation avant culture de légumes.

Développement des cultures
On continue les repiquages régulièrement,

avec protection par des voiles thermiques.

Il arrive de temps en temps que les plants que nous fournit notre pépiniériste soient un peu « secs ». Dans ce cas, on les bassine dans des bacs à endive remplis de quelques centimètres d’eau, et en quelques heures, la situation est établie, et les épinards, persils, gamme de choux, et autres retrouvent le sourire !

Dans la cour. Les chats ont même le goût de s’y désaltérer…

Carottes : premier binage
Sous tunnel, les semis de carotte botte se développent et les premières feuilles vraies apparaissent.

Matthieu a réalisé leur premier binage, avec la roue sarcleuse.

Notre bilan Bio de 2025
Cette semaine de début mars, le chargé de comm’ du Biau jardin de Grannod a publié le traditionnel « coup de rétro » que notre ferme rédige chaque année sur l’année écoulée. On y sera quand même arrivés avant Pâques… Elle n’est pas toujours bien à l’heure, notre tentative de tour d’horizon de la Bio chez nous ET au delà des bornes du jardin. Mais on y tient assez, puisque, comme le disait Aimé Césaire, « la voie la plus courte pour aller vers l’avenir est celle qui passe toujours par l’approfondissement du passé » .
« Clic » sur la photo et « clac » ça s’ouvre.
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| ↑1 | « tout le possible, rien que le possible » comme qui dirait. |
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