Les Biaux Jardiniers de Grannod ont la douleur de vous faire part du décès
de leur carré de chou de Bruxelles,
causé par une
foudroyante attaque d’altise.
Terrible. Ça a été terrible.

Faut dire que les conditions météo étaient idéales pour ces saletés de bestioles… On a eu des centaines d’altises sur chaque plant.

Et aussi des « taches » noires au sol ? Non ! Juste des manifestations de ces « puces de terre » – ennemis jurés des brassicacées – complotant d’autres méfaits après avoir fait ripaille…

- Traitement bio des plants avant la plantation (bin voui, avec les conditions de canicule et sécheresse, on savait bien devoir se méfier vraiment très très fort),
- bassinages répétés pour que humidité et rafraîchissement contrarient les assaillants…
la médecine Bio préventive, les arrosages

et la pose des onéreux filets

ont été impuissantes face à la violence de l’attaque parasitaire. Ça n’a pas fait un pli.
Des 16 rangs des mille mètres carrés du carré de chou de Bruxelles, repiqués avec amour ET eau fraîche il y a quelques jours

il ne reste RIEN. L’échec est on ne peut mieux réussi : c’est ab-so-lu-ment parfait. 🙁 !!!

Dans le premier carré de chou-fleur pour l’automne aussi, c’est un poil un peu moins pire, mais on a quand même pas mal de dégâts. Bref, un « joli foutoir » .
Dans des cas comme celui-ci, à part
- téléphoner à Vincent pour lui demander de re-semer d’urgence les quelques milliers de plants bouffés (rappel : les choux sont la famille dont le différentiel de coût entre semence en conventionnel et semence Bio est le plus élevé…),
- re-travailler les planches,
- multiplier les façons culturales visant à détruire les populations présentes,
- patienter que les plants arrivent au stade plantation,
- repiquer à nouveau les cultures… avec donc quelques semaines de retard,
tout cela dans l’espoir
- d’un meilleur résultat – éventuel –
- par un changement météo – éventuel –
les Biaux Jardiniers n’ont pas trop d’autres perspectives pour « se retourner ».
Il s’est passé la même chose chez plusieurs collègues pas bien loin qui sont dans le même genre de conditions que nous : tu parles d’une consolation, m…. !
Bon et puis « si y’avait qu’çà ! » Du côté des disparitions après plantation avec les conditions météo que tout un chacun connait, dans les carrés de poireau, il y a pas mal de manques. Pour ne pas être trop agressifs, on va dire :
c’est « irrégulier ».
Bin voui, quoi, quand « ça-crève-mais-pas-partout » , que donc « il y a des pertes », mais que « il-en-reste », et bin :
« c’est irrégulier »… voilà… ou bien on va se pendre. C’est çà l’auto-travail-psy du paysan-maraîcher Bio !

On s’accroche.
Dans les carrés de carotte, où les Biaux Jardiniers ont ces temps-ci passé pas mal de temps… « en bande organisée »…
- à quatre pattes (parce que oui, çà se fait dans cette position là)
- sous chaleur et sécheresse (parce que oui, la météo c’est comme çà – même si c’est moins pire pour eux parce que les Biaux Jardiniers de Grannod travaillent de 6 à 13)
… à traquer et éliminer toutes les adventices qui s’étaient installées. Et bin les Biaux Jardiniers sont bien contents de ce qu’ils ont fait « de leurs blanches mains ».
Les différents semis étaient jolis, chacun avec la densité adaptée au moment prévu pour la récolte.

Et le Biau Jardinier a même pu passer un joli petit coup avec les dents (de la bineuse, hein ! on est des ploucs Bio, et on travaille manuellement… mais avec des outils en acier aussi des fois, hein !). Des dents réglées pour obtenir un mini-buttage sur le rang. Pour « boucher » la levée des adventices.

Et puis comme les Biaux Jardiniers Canal Historique avaient eu la sagesse de refuser les propositions de terres sans accès à l’eau garanti, quitte à prolonger leurs recherches quelques années de plus dans l’attente du lieu avec un réseau d’arrosage existant, et bien, on peut arroser suffisamment – ou à peu près – parce que vu la demande des végétaux en canicule-sécheresse, c’est dur de faire « le tour d’eau » complet dans les temps requis.

Donc ça va pas mal, mais… « c’est irrégulier ». Bin voui : « irrégulier »…

Y’a même un coin, dans les planches 13 à 16 ( 🙂 oui ! 13 à 16 ! ) au Nord Ouest d’un des carrés, c’est même… on va dire, « très très irrégulier ».

« Ah ! qu’en termes galants ces choses là sont mises » nous soufflent les mannes de ce cher Jean-Baptiste Poquelin dit Molière… dont la vie professionnelle, elle aussi, n’a pas manqué de moment très « irréguliers ».
Et les Biaux Jardiniers s’accrochent.
En bande organisée.
*
En fin de saison dernière, le Biau Jardinier avait semé – tardivement – un engrais vert de seigle. Pur : parce que c’était « vrai tard ». Mais bon… c’était semé ! Et au fil du printemps, en l’observant, il s’est dit, on verra bien, mais peut-être ça vaudra le coup et on le fera en
moisson.
Et finalement, ça valait le coup de faire déplacer l’engin.

jusque dans cette petite parcelle

qui, du coup va bénéficier d’un bon apport de paille

qui pourra être incorporée dès que… si… l’eau du ciel tombe. Parce que vraiment, çà, ce serait… « pas mal ». « Vraiment pas mal ». On va dire comme çà.
Et on s’accroche.
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