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Notre Bio : l’agriculture du possible

Bien sûr… un article de blog en février sur le site d’une ferme de paysans maraîchers en Bio certifiée depuis pas mal de décades, çà n’est pas si mignon qu’une vidéo avec drone et ralentis sous ciel bleu des communicants en permaculture, forêt nourricière, rendement faramineux sans travail du sol, maraîchage intensif de petite surface à stagiaires, etc… etc… à destination de bifurqueurs potentiels en début de carrière, cadres inquiets du bilan de leur carrière-vie, etc… etc…

Bin non. C’est pas si mignon. Pour une raison assez simple : côté comm’, c’est pas  pro. Paysans Bio, nous produisons – et vendons –  de l’alimentation toute l’année ; pas du rêve (sur écran), ni des méthodes clés en main (miraculeuses) ou des formations (en distanciel). Nous ne pratiquons que l’agriculture Bio du possible.

Dans les deux sens du terme :

  • nous ne réalisons sur notre ferme que ce qui est possible dans le moment aux Pov’PloucsBio que nous sommes,
  • tout ce qui est réalisé sur notre ferme par les Pov’PloucsBio que nous sommes prouve justement que… c’est possible.

 

Comme producteurs et dans nos conditions.

Les premières reprises de planches permanentes en plein champ avaient été possibles lors d’une petite fenêtre météo favorable tout début janvier.

Mais les semaines suivantes, il avait pas mal plu, et à force ça ne nous avait pas trop plu (hé hé hé) surtout quand, semaine dernière, la Seille est sortie de son lit et a inondé plusieurs jours sur environ 1 kilomètre de large, s’arrêtant à quelques dizaines de mètres du jardin. Qui « domine » la situation… d’un peu plus de 2 mètres d’altitude.

photo de la prairie complètement inondée par la Seille, qui arrive au pied de notre ferme

Quelques routes départementales ont été coupées, ce qui a entrainé des détours pour camions et voitures, sauf, évidemment et comme à chaque crue, celle des quelques aventuriers de la civilisation occidentale du XXIème siècle qui, bravant les panneaux d’interdiction de circulation (ah, le courage de la désobéissance civile !), s’élancent, sûrs de leurs compétences et véhicule SUV ou pas (ha, rationalité moderne et progressiste des 20 ou 30 quintaux mécaniques pour en transporter 1 ou 2 !), et dont quelques uns, après quelques magnifiques gerbes d’eau, ont fini à pied, et n’avaient – bêtement ! – même pas pensé à acheter des bottes. Ma foi… çà leur rafraîchit… les idées.

Ça n’a duré que quelques jours, et comme le titrait le Journal de Saône et Loire : la « belle » crue a décru dans une « belle » fin.

copie d'écran du JSL faute d'orthographe comprise

Mais, côté terres de Pov’PloucsBio on peut pas dire que ça a séché, mais un peu quand même, et comme la météo nous annonçait ensuite un retour de pluies, les Biaux Jardiniers ont profité de cette accalmie pour risquer le

Déchaumage

de l’engrais vert de seigle (plus

photo de planches de seigle mais avec mouron et véronique

ou moins accompagné d’adventices et développé)

phooto proche de touffes de seigle jeune mais couvrant complètement la surface de la planche permanente

qui avait protégé les planches permanentes du lessivage et de l’érosion durant tout l’hiver.

photo d'une parcelle de 9 carrés de 16 planches couvertes de seigle et vesce

« Comme d’hab », on a déchaumé avec le vieux rotovator : ce printemps 43 années complètes de travail, et pas encore foutu à la ferraille… le rêve d’un ministre du travail macroniste (et autres) ! « Comme d’hab » on le fait travailler

photo du vieux rotovator incorporant le seigle dans la planche permanante

  • capot relevé au maximum pour affiner au minimum
  • tenu au relevage à hauteur maximum pour dégât minimum
  • en avancement maximum pour lissage minimum.

 

Côté résultat, c’est évidemment pas le top des conditions idéales, donc idem pour le résultat…

photo proche détaillant le travail superficiel des lames déchaumant le seigle

mais vu ce que promettait la météo, c’était çà comme çà, ou bien rien pendant… un nombre de jours non fixé… Hé oui, pas de rêve de miracle, rien que l’agriculture du possible. Et finalement, hein…

photo sous ciel bleu d'un carré de planches juste déchaumées au rotovator

on a pu déchaumer tout ce qui était prévu « su’l’plan ». « Comme d’hab », grâce au système planche permanente, on peut ne préparer que ce dont il y a besoin, et on peut donc laisser l’engrais vert se développer (et travailler sans aide humaine à fertiliser, fissurer, assainir, etc…) dans les planches dont on n’a pas besoin rapidement.

Hé oui : l’agriculture du possible. (Que, mais toute )

photo d'un carré dont uniqement 12 des 16 planches sont déchaumées

Semis et occultations

Il y a quelques temps, Matthieu avait fait les premiers semis sous tunnel. Bien sûr après une bonne occultation . Donc avant de semer, les Biaux Jardiniers avaient enlevé les montants de maintien des portes à enroulement des extrémités, les avaient rangés sur le côté des tunnels concernés. Même chose pour les agrafes qui fixent au sol des toiles noires tissées d’occultation.

photo des barres et agrafes posés à coté d'un portillon d'accès au bi-tunnel

Et les toiles avaient été rangées « au bout »

photo des bâches repliées devant le bi-tunnel

Le semis avait été réalisé avec le semoir Agricola acheté d’occasion (détails en photos ICI).

photo de Matthieu semant sous bi-tunnel avec le Agricola acheté d'occasion

Et après semis : « rewind ». Les Biaux Jardiniers ramènent les toiles d’occultation à l’entrée du bi-tunnel

photo de Vivien et Mike tirant une toile noir d'occultation en la rentrant sous le bi-tunnel

pour les dérouler sur les planches juste semées,

photo de Vivien et Mike qui recouvrent les planches de toile noire tissée

les tendre et fixer de nouveau avec les agrafes.

photo de Vivien et Mike accroupis pour enfoncer les agrafes de fixation de la toile

Et pour finir, bien sûr qu’on  remet en place les raidisseurs et re-déroule les portes d’extrémité pour que la douceur favorise la levée des semis.

photo d'un bi-tunnel dont certaines planches sont occultée, d'autres récemment travaillées

Du travail humain (rémunéré), du « plastique » (réutilisable une dizaine d’années avant mise à la collecte) : l’agriculture du possible.

De la verdure

Après les gels, froids, et périodes grises, les diverses laitues et/ou batavias ne sont pas bien grosses, une vieille variété traditionnelle à laquelle nous sommes plutôt attachés nous donne même l’impression qu’elle n’atteindra jamais la silhouette bien dodue qui nous convient.

photo d'un bi-tunnel garni de laitues batavias et feuille de chêne vertes comme brunes

Mais cette semaine, on a pu cueillir de la mâche

photo de Émilie récoltant la mâche cultivée en semis direct

qui est issue de nos premiers essais en semis direct. Le résultat n’est pas encore super top, mais c’est quand même plutôt pas mal. L’agriculture du possible. 🙂 !!

* * * * *

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