Des visiteurs
Jérôme Durain, président du conseil régional de Bourgogne Franche-Comté,
s’est déplacé la semaine dernière en Bresse pour une tournée de chantiers et activités professionnelles ayant bénéficié de subventions de la région. Accompagné de plusieurs conseillers régionaux de Saône et Loire membres de sa majorité, il est ainsi venu visiter notre Biau Jardin de Grannod,

qui a bénéficié, échelonnées lors des 5 premières années de la mandature en cours, de plusieurs aides à l’investissement dans
- des locaux de conservation pour la vente directe,
- la construction de tunnels de culture,
- des machines pour l’amélioration des conditions de travail lors de la préparation des légumes.
Un thème prévu de cette visite était autour de l’installation et la transmission des fermes. Le service communication (??!!??) du Biau Jardin de Grannod avait donc préparé une petit brochure, distribuée en fin de visite, résumant, par une mise en perspective historique, les pratiques, la transparence et diffusion d’expérience, nos engagements forts dans la défense de l’Agriculture Biologique et l’action collective liée, sur notre ferme
- Bio
- viable ET vivable
- à taille humaine
- transmise
- et se développant en Bresse.

La visite du jardin
a débuté à côté de quelques outils spécialisés, entre notre station de filtration de l’eau d’arrosage installée en 1995 et sa remplaçante en cours de mise en place, donc devant la réalité maraîchère et son développement productif rémunérant ses travailleurs, mais aussi devant ses incertitudes vitales face à l’avenir.
Matthieu a présenté un rapide historique de la ferme,
insistant qu’elle avait été créée dans un lieu choisi (par et pour un couple)
- pour la qualité de ses terres à bon potentiel [1] « Sa terre est le premier des « outils » du jardinier ! » dit monsieur Sagesse Populaire
- pour la présence d’un arrosage professionnel fiable,
deux gages objectifs (et incontournables) de pérennité. Deux sujets que les collectivités peuvent participer à préserver… et développer !
La région Bourgogne au millénaire précédent avait d’ailleurs aidé par deux subventions [2]d’un % plus faible que ce que le règlement d’intervention prévoyait et les projets plus « conventionnels » obtenaient systématiquement – ceci, nous a-t-on dit, face au … Continue reading la construction du bâtiment « siège d’exploitation » et son chauffage 100% énergies renouvelables et locales.

Matthieu a brossé la situation actuelle de la ferme
À l’issue de ses 10 premières années d’installation, le nombre de carrés de plein champ comme sous tunnel a été multiplié, la vente boostée par l’organisation en collectif, dans un premier temps pour la vente en paniers, dans un deuxième pour la RHF (restauration hors foyer). Un choix créant 6 emplois (non délocalisables !) de salariés (locaux !) tout en augmentant la surface de biodiversité favorable à la culture biologique (et favorisant l’évitement des dérives de l’agriculture dite conventionnelle).
Commercialement, dans une situation où
- les agriculteurs et leurs surfaces sont – par définition – dans les campagnes, par définition peu peuplées,
- les consommateurs dans les villes et métropoles très densément peuplées,
Matthieu a revendiqué être
- un maraîcher Bio efficace
- dans un bassin de production historique
- à faible potentiel de consommation,
comme un genre de « transmission » l’avait déjà démontré par la réalité des maraîchers des années 1960 / 80 qui livraient ou expédiaient (en direct ou circuit long) dans le Jura, le Doubs, en région lyonnaise, voire jusqu’à Saint-Étienne, la Loire et plus loin.
- Vente directe à des abonnés de paniers (Guillamap, à la ferme, Alter-conso), une partie du rayon légumes du magasin de producteurs de Tournus, et à la RHF comme associé de BioÀPro et MangerBioBFC,
- vente indirecte aux magasins Biocoop de Chalon, Dijon Ahuy et Les Rousses,
le Biau Jardinier de Grannod annonçait répartir ses ventes assez équitablement en Bourgogne Franche-Comté et en Auvergne Rhône-Alpes.
Quelles aides pour faire face au réchauffement climatique ?
Ah… les aides ! Notre région s’est taillée un genre de « réputation nationale 🙁 » concernant les délais de versement des aides à l’investissement après acceptation du dossier, grimpant jusqu’à plusieurs années, ce qui provoque de très (très très) grosses difficultés de trésorerie et relation bancaire, de retard d’investissement – donc de production – etc… Et une charge mentale très (très très) conséquente à tous les agriculteurs concernés, et au Biau Jardinier de Grannod pour les non versements d’aides qui le concernent… bien qu’il choisisse de ne jamais participer aux épandages de fumier, brûlages de pneus, etc… sur conseil régional et/ou direction de l’environnement (malgré l’impunité dont il bénéficierait évidemment à ces occasions).
Matthieu a aussi listé les problèmes apportés sur sa ferme par les changements climatiques en cours, les modifications que cela impose et qu’il réalise, les essais mis en place, ses décisions d’abandon de certaines cultures à certaines périodes, les pistes d’adaptations techniques testées en stations d’essai depuis plusieurs années, etc… le tout
- dans une préoccupation prioritaire pour les conditions de travail des salariés de la ferme,
- et sous la menace des incertitudes vitales dues au vieillissement du réseau d’arrosage des maraîchers.
Devant les micros de Radio Bresse, Info Chalon, Info Bresse et les stylos des journalistes de La France Agricole, Terres de Bourgogne et le JSL, les échanges avec les élus ont été précis, sourcés. De la g à la dr :
- Guillaume Badet conseiller régional et louhannais,
- Jérôme Durain, président du conseil régional Bourgogne Franche-Comté,
- Fabrice Voillot conseiller régional, (commission alimentation de proximité) éleveur à Charbonnat (Autunois Morvan), passé en bio cette année,
- Claire Mallard, conseillère régionale (commission permanente) présidente du groupe écologistes et solidaires,
- Alexandra Pourprix adjointe qui accompagnait Patrice Marlin, maire de Sornay,
- et Anton Andermatt, secrétaire général FDSEA Saône et Loire, éleveur laitier en zone Comté et céréalier.

Le Biau Jardinier a été heureux de pouvoir expliquer sur le terrain aux décideurs la difficulté de développer une souveraineté alimentaire territoriale, la complexité des choix à faire dans une situation climatique nouvelle dont par définition, chacun n’a que très peu d’expérience.
Exemple d’un des cas discutés : la généralisation de l’arrosage goutte à goutte en plein champ pour augmenter les économies d’eau. Oui, bien sûr, mais…
si par gaines en surface, donc solides et réutilisables :
- vus les kilomètres nécessaires, coût d’achat – et mise en place puis retrait – très élevé !
- en Bio nécessité de tout manipuler (dépose + repose) chaque 8 à 12 jours pour pouvoir biner mécaniquement : quelle main d’œuvre assumera les manipulations tout au long de la saison, et y compris donc en juillet-août, période des vacances… ?
si par gaines enterrées, donc jetables…
- au delà de l’investissement dans un outil de mise en place (et de récupération totale)
- qu’en pensent le consommateur et le citoyen soucieux d’écologie ?
- globalement, quel devenir de ce déchet devenu non recyclable car « souillé » d’un gros % de terre ?
- qui en financera la collecte / élimination : fabricant ? collectivité ? agriculteur ? consommateur ?
Face à la complexité des solutions envisageables – grandissante au fur et à mesure que la réflexion et l’échange « descendent » sur le terrain du réel très concret – les Biaux Jardiniers apprécient que des élus sollicitent les compétences de professionnels de la Bio productive et en recherche. Et que l’échange ait lieu.

Sur ce sujet des aides du conseil régional, le Biau Jardinier a ainsi revendiqué qu’elles ne deviennent pas des aides au revenu, mais restent fléchées aux investissements en matériels, installations et bâtiments
- pour l’amélioration Bio de la production
- et des conditions de travail des producteurs et de leurs salariés : un incontournable de la durabilité des uns, de la fidélisation des autres.
5 minutes de podcast local
Présent sur les lieux au titre de Radio Bresse, Yannick Briez et son enregistreur n’ont rien perdu des échanges.

*
Avec sa compétence en montage et son esprit de synthèse, il en a fait un joli chapitre des infos de Radio Bresse.
* * *
Et au jardin…
les courges démarrent bien malgré les températures, entre leurs allées binées mécaniquement,

les commandos céleri-rave ont réalisé leur première opération coup de poing contre les herbes adventices,

les commandos carotte sont à l’œuvre.

C’est évidemment loin d’être terminé sur toutes les planches, il n’y a donc aucun plan social en vue au Biau Jardin de Grannod ! Et les binages de précision continuent régulièrement.

Dans les prés, Fabien et Romi

ont fauché un peu partout, puis fouané, puis andainé,

et enfin bottelé les p’tits prés,

la prairie, etc…

Une bonne chose – de saison – de faite.

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| ↑1 | « Sa terre est le premier des « outils » du jardinier ! » dit monsieur Sagesse Populaire |
|---|---|
| ↑2 | d’un % plus faible que ce que le règlement d’intervention prévoyait et les projets plus « conventionnels » obtenaient systématiquement – ceci, nous a-t-on dit, face au blocage de quelque élu issu de la profession agricole « conventionnelle », ce qui nous avait conduits à diminuer la surface de notre bâtiment bioclimatique faute d’accès à quelque sponsor… Soyons complets puisqu’on en cause ! |


